+99% par an grâce à la dilution

Rédigé le 18 août 2009 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Marc Mayor est expert en investissements éliminant le risque de marché. Retrouvez-le sur www.lecoindesinsiders.com/profits-garantis.html

« Dieu, c’est comme le sucre dans le lait chaud. Il est partout et on ne le voit pas. Et plus on le cherche, moins on le trouve »

Michel Colucci, dit Coluche

Nombreux sont les investisseurs avec un biais baissier sur le dollar. Pourquoi ? Tout simplement parce que le grand argentier Ben Bernanke fait tourner la planche à billets à plein régime et que le passé, de l’entre-deux guerres en Allemagne jusqu’au Zimbabwe plus récemment, a démontré que la dilution qui en résulte a un effet baissier sur le sous-jacent, tôt ou tard.

La dilution : peu de risques… pour vendre le titre à découvert !

Ce qui m’a toujours étonné, en revanche, c’est que nul ne prête attention à la dilution du capital-actions des entreprises cotées en Bourse. Car, savez-vous, chaque société cotée est comme une Banque centrale: si elle a besoin de davantage d’argent, elle n’a qu’à imprimer des titres et les vendre sur le marché. Mais de cela, nul ne parle ; c’est dommage, parce que beaucoup d’investisseurs passent à côté de gains de l’ordre de 99% par an.

Prenez par exemple la société Terra Nostra Resources (TNROQ), que j’avais analysée en novembre 2007. Une chose m’avait frappé : cette dernière diluait son actionnariat au rythme minimum de 27% d’actions en plus chaque année. Je conseillais alors de jouer le titre à la baisse, certain de voir le prix de l’action s’effondrer bientôt. Nous n’avons pas été déçus.

Terra Nostra Resources

Le graphique montre l’évolution du prix de Terra Nostra Resources, dont le titre a perdu plus de 99% en moins d’un an.

Pour les lecteurs qui avaient vendu l’action à découvert, cela signifie un gain de 99% en moins de douze mois. Comme vous le voyez sur le graphique, le risque fut quasi nul : inférieur à 4% dans ce cas.

Pour l’avenir, voici comment vous pouvez trouver, par vous-même, une société qui émet beaucoup d’actions et qui donc risque de s’effondrer à la manière de Terra Nostra à l’époque.

Profitez de la pire société

Tout d’abord, il est important de comprendre que les mauvaises sociétés seront toujours obligées de vendre leurs actions au rabais par rapport au prix du marché. Ensuite, les pires d’entre elles ont souvent besoin d’un événement externe auquel s’accrocher. Par exemple, une entreprise qui vend des médicaments contre la grippe profitera d’une hystérie collective liée à la grippe aviaire ou porcine pour émettre des communiqués de presse optimistes à propos de son médicament. Quand l’action aura suffisamment progressé, l’entreprise diluera son actionnariat et les initiés seront vendeurs. A ce moment-là, vous pourrez penser à risquer une partie de votre argent.

Un exemple actuel est Hemispherx (HEB-Amex), dont le médicament Ampligen n’a jamais servi à rien. La direction d’Hemispherx a tenté de le promouvoir contre le SIDA, puis contre le syndrome de fatigue chronique, et maintenant contre la grippe porcine (pourquoi pas le mildiou pendant qu’on y est ?). Le gouvernement américain ne s’y est pas laissé prendre, et donc n’achètera pas d’Ampligen, préférant traiter avec des sociétés sérieuses comme Novartis, GlaxoSmithKline, Sanofi-Aventis ou AstraZeneca.

En mai dernier, HEB a vendu douze millions d’actions (une dilution de 16%) pour 1.34$ la pièce avec un rabais de plus de 30%. Puis, en juin, Hemispherx a tenté de diluer encore une fois de plus de 80% son actionnariat ! Ils n’ont trouvé aucun preneur.

Par chance, l’action vaut encore plus de deux dollars, ce qui représente un bon prix d’entrée pour une vente à découvert. Dès que l’hystérie de la grippe porcine se sera un peu calmée, il est certain que ce titre cotera beaucoup plus bas, probablement en dessous d’un dollar, pour un profit supérieur à 50%.

Pour réduire le risque au maximum, il s’agit de suivre les transactions des initiés de HEB, d’éliminer son risque de marché en jouant Hemispherx contre une société similaire mais sous-évaluée, et d’appliquer un money management scientifique (comme le critère de Kelly) avec auto-discipline.

Désormais, au lieu de vous énerver contre les Banques centrales qui diluent votre pouvoir d’achat chaque jour davantage, gagnez facilement de l’argent en profitant du même phénomène. Après quelques transactions, vous apprendrez à adorer la dilution!

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Marc Mayor
Marc Mayor

Marc Mayor est le fondateur et président d’Inside ALPHA, une entreprise helvétique spécialiste des approches financières éliminant le risque de marché (investissements dits « ‘neutres au marché »). Depuis plus de 10 ans, Marc analyse avec humour et sagacité le comportement des initiés de la Bourse, notamment dans les colonnes de sa rubrique hebdomadaire « Le Coin des Insiders », qui paraît chaque vendredi dans le quotidien financier L’Agefi (Suisse).

Auteur à succès, il préside aussi un cycle régulier de conférences réunissant des investisseurs, tant professionnels que privés, notamment sur le thème des métaux (de base ou précieux) et de l’énergie (fossile, nucléaire ou renouvelable).

Un commentaire pour “+99% par an grâce à la dilution”

  1. Le risque de change et l’impact du taux d’intérêt. En étant présent directement sur les couvertures de ces deux risques sans passer par des tiers, sincèrement que proposez vous ?

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