+50% ou -77% ? Pas question de faire dans la demi-mesure en 2009 !

Rédigé le 3 février 2009 par | Analyses indices, Autres indices, US Imprimer

Une succession de troublantes similitudes graphiques, mais de natures relativement diverses (ce qui augmente leur intérêt), se succèdent depuis la mi-juillet 2008.

2002/2008 : bis repetitas ? Le mois de janvier (au sens strictement calendaire) s’est achevé à Paris sur une perte de -7,6% : c’était la septième baisse mensuelle sur une série de huit. Un record historique puisque le CAC 40 n’avait jamais baissé plus de six mois d’affilée depuis le douloureux épisode mars/septembre 2002.

En 2002, le CAC 40 avait alors chuté de -45,5% entre 4 690 et 2 610 points… Cette fois, il vient de perdre 46% entre 5 140 et 2 770 points (un écart très voisin, à 0,5% près). Mais en se focalisant sur les seuls fixings de clôture, le repli est alors de très exactement -55,5% entre les 5 142 points (plus haute clôture du 19 mai 2008) et 2 850 points (plus basse clôture du 23 janvier 2009, plancher du 2 février 2009).

Quelle étonnante coïncidence à six ans d’intervalle, dans un climat d’éclatement de bulle boursière et de liquidations à tout prix… L’analogie va même jusqu’à la forme de la courbe, quasi identique de juillet à octobre 2002 et d’octobre à janvier 2008 (cette fois-ci avec un timing très voisin puisque 12 et 13 semaines séparent deux creux majeurs).

Serions-nous au bord du grand rebond ? Le débordement des 3 230 points (50% de retracement du dernier segment baissier entre 3 690 et 2 770) donnerait une nouvelle impulsion au mouvement de reprise.

Ce serait une première étape positive mais la matérialisation du scénario haussier demeure conditionnée par l’effacement de la MM 50 (qui gravite vers 3 120 points) qui n’a jamais pu être refranchie durant plus de 48 heures depuis la cassure des 4 350 points intervenue le 4 septembre dernier.

L’enchaînement de trois creux majeurs (constitués du 21 novembre au 23 janvier) constitue également la figure symétrique et avec un timing très similaire de la séquence de plafonnement en triple top sous les 6 150 points du 7 mai au 13 juillet 2007 qui a précédé la chute de -55% du CAC 40.

Si cette symétrie fonctionne, le CAC 40 et la plupart des indices occidentaux disposeraient d’un potentiel d’appréciation de +33 à +38% par rapport aux récents planchers de novembre 2008 ou janvier 2009.

Si elle ne fonctionnait pas, la rechute en direction des 2 610 points (support testé le 10 octobre 2002 puis le 1er avril 2003) ne serait qu’une formalité, avec les 2 400 points (plancher du 13 mars 2003) en ligne de mire.

Dow Jones : c’est maintenant ou dans 15 ans Pour les amateurs de grands frissons glacés, aimant spéculer sur des hypothèses vertigineuses, voici ce qui se passera si le scénario observé sur le Dow Jones de 1929 à 1932 se reproduisait : nous serions à la veille d’un rebond fulgurant de +50% (vers 4 150) du marché parisien en 2009.

Ce serait la dernière occasion de tout liquider avant la vague 3 qui s’achèverait en mai 2010, celle qui anéantit tout espoir de revoir sa mise initiale avant 15 ans. Le Dow Jones était retombé de 381,2 points (record du 3 septembre 1929) jusque sur 41,2 points (plancher du 8 juillet 1932) en un peu moins de 34 mois.

Le Dow accumulait alors une perte totale de -89,5%. Une chute équivalente sur le CAC par rapport aux plus haut de mai ou juillet 2007 (prenons juillet, plus proche des records absolus des indices américains) ramènerait l’indice phare du marché parisien vers 650 points (pour arrondir), soit un potentiel de baisse de -77% supplémentaires par rapport au cours plancher de ce lundi 2 février !

Alors vraiment, 2009 sera l’année du tout ou rien !

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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