20% de hausse à prendre sur le blé

Rédigé le 19 mai 2009 par | Matières Premières Imprimer

Après le pétrole le mois dernier, j’aimerais prendre quelques minutes avec vous pour m’intéresser aux céréales, classe d’actifs rarement étudiée par les analystes techniques, à commencer par la plus célèbre des céréales : le blé. La continuité entre le pétrole et le blé n’est d’ailleurs peut-être pas si incongrue qu’il y paraît…

Tout d’abord un petit rappel Le marché de référence pour la cotation des matières premières agricoles est le Chicago Board of Trade (CBOT), et l’unité de mesure n’est pas la référence mondiale, le kilogramme, mais le boisseau. Pour l’anecdote, le boisseau est un récipient cylindrique destiné à contenir des céréales. Le terme vient de l’ancien français boisse, mesure de blé et du gaulois bosta, creux de la main. Un boisseau de blé = 27,21 kg.

Et au cas où cela ne serait pas encore assez compliqué pour le quidam, le blé est coté en cents américains.

Quand on voit un cours de 500, c’est donc 500 cents qu’il faut lire, soit 5$ le boisseau. Enfin, les contrats standardisés échangés sur les marchés à terme sont de 5 000 boisseaux. Mais bien sûr, le particulier pourra trouver des trackers, certificats indexés avec comme sous-jacent le prix du blé, tout le monde n’ayant pas accès au marché de Chicago directement malheureusement. Ci-dessous le graphique de la matière première agricole ces dix dernières années ci- dessous, en données hebdomadaires.

Graphique deu blé sur les dix dernières années

Tendance à long terme haussière Comme nous le constatons, la tendance à long terme est haussière, et les cours sont soutenus par une ligne de tendance actuellement support à un peu plus de 330 cents. Ces dernières années, le blé a connu deux grandes phases : une progression quasi exponentielle jusqu’en février 2008 avec un plus haut à un peu plus de 1 334 cents, soit 13,34$, puis une correction tout aussi brutale qui a ramené les cours à un peu plus de 5$ actuellement.

L’incroyable pic de 2008 La progression depuis le point bas de 1999 suivait une tendance tout à fait raisonnable jusqu’en 2005, où les cours étaient encore à 300 cents, puis elle s’est brutalement accélérée entre 2005 et 2008, les cours faisant plus que quadrupler dans cette période de boom des matières premières.

Certes, une forte hausse de la demande mondiale, en particulier en Chine, une baisse des stocks, et plusieurs années de conditions climatiques défavorables, avec notamment des sécheresses, pouvait expliquer en partie cette accélération de la hausse. Mais le triplement des cours qui a eu lieu entre début 2007 et début 2008 était beaucoup moins en rapport avec les fondamentaux, la « mode » pour les matières premières agricoles se propageant alors comme si le bioéthanol allait remplacer le pétrole, et être la solution à tout.

Depuis, le krach du pétrole est passé par là Il n’a pas épargné les matières premières agricoles, le boisseau de blé retombant quasiment aussi brutalement qu’il était monté au ciel, au niveau des cours actuels de 560 cents. Au passage, le prix de notre baguette aura eu le temps de s’envoler aussi, mais bizarrement, je ne l’ai pas vu retomber…

Le meilleur point d’entrée sur le blé ? Le voici : Pour revenir à notre graphique long terme, un élément qui me frappe au premier regard, c’est le double support horizontal très net au niveau des 440/420, ancien plus haut de 2002 et 2004, dont le dépassement avait provoqué le début de l’impressionnante accélération haussière en 2006.

Or, comme par hasard, la correction s’est arrêtée pour l’instant non loin de là, avec un point bas en décembre 2008 à 470 cents, après avoir retracé un peu plus de 76,4% de la hausse entre 1999 et 2008 entre 238 et 1334,5 cents.

Cela étant dit, et sachant que la tendance est haussière à long terme sur la matière première, si nous nous approchions de ce point bas dans les mois qui viennent, voir même du support majeur des 440 cents, ce serait donc un très bon point d’entrée pour l’investisseur qui veut acheter avec un horizon moyen terme.

Que nous disent les indicateurs à moyen terme ? Pour l’instant, les indicateurs ne confirment pas que le rebond qui s’est mis en place depuis les 471 cents est un rebond majeur.

Le momentum en données hebdomadaires reste ainsi sous une oblique baissière à environ 40, même s’il vient de repasser au-dessus des 0, ce qui est un signal positif.

Quant au RSI à 14 semaines, il reste bloqué sous la zone de neutralité des 50, et plus précisément sous sa résistance à un peu plus de 48.

A court terme, tant que nous resterons sous ces résistances sur les indicateurs, une poursuite de la correction est donc probable. Mais on notera que nous en sommes très proches, nous surveillerons donc les prochaines semaines avec attention, car un net dépassement confirmerait un rebond plus important.

Zoomons sur la tendance court terme A plus court terme, comme nous le voyons en « zoomant » sur un graphique en données journalières, l’accélération haussière de ces derniers jours a été confirmée par une rupture d’une oblique baissière sur le momentum, qui coiffait les cours depuis le début de l’année (voir graphe ci-dessous).

Graphique du blé en données journalières

Quel serait l’objectif de ce rebond à court terme, voir à moyen terme ? A court terme, l’objectif est très clair pour moi, c’est le niveau des 674 cents, retracement de 23,6% de la baisse intervenue entre février et décembre 2008, mais aussi ancien point bas de septembre 2008 — et que l’on retrouve en reportant la hausse de décembre 2008 à janvier 2009 au récent point bas de mars (ABC pour les amateurs d’Elliott). Voilà qui nous donne un potentiel de gain de 20%.

On profitera donc d’un repli à court terme pour se positionner Mais avec prudence, car cet actif est très volatil. Toutefois, la sécheresse en Chine devrait réduire la récolte de blé, ce qui sera certainement porteur.

Ensuite, à moyen terme, si ce niveau des 674 était nettement dépassé, on se dirigerait alors vers la résistance horizontale des 750 cents, puis des 900.

Mais dans les mois qui viennent, le test des 674 cents sera crucial, et un échec à ce niveau n’est pas exclu. Si le marché ne va pas aussi vite que l’année dernière, nous aurons le temps d’en reparler…

[Ndlr : encore une fois, le blé fait partie des trades que Nicolas Rémy joue régulièrement grâce aux produits dérivés dans son service Signal Matières & Devises. N’hésitez pas à utiliser l’effet de levier des produits dérivés à la volatilité des matières premières pour engranger des gains, et spéculer en suivant les conseils d’un vrai professionnel]

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Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

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